Durkheim, Le suicide

Ce texte nous renvoie à la conception de Durkheim de la cohésion sociale. Pour lui les taux de suicide sont un révélateur de la cohésion sociale à un moment donné dans une société donnée. Tout cela renvoie à ce que Philipe Steiner appelle la théorie de la socialisation. C’est-à-dire qu’une société, pour fonctionner convenablement, doit et intégrer les individus et réguler le tout. Globalement plus la vie collective est forte, dense (jusqu’à un certain point) plus l’individu se porte bien.
Intégrer signifie partager une conscience commune, être en lien les uns avec les autres et avoir des objectifs, des buts communs.
La régulation est (pour Durkheim) le fait de se reposer sur une hiérarchie sociale, de modérer ou de canaliser les passions, les émotions, les ressentiments. La régulation repose aussi sur la justice et la légitimité de l’ordre social.

Pour Durkheim, le suicide se définit ainsi : « tout cas de mort qui résulte directement ou indirectement d’un acte positif ou négatif accompli par la victime elle-même et qu’elle savait devoir produire se résultat ». (Positif = actif ; négatif = passif)
Le suicide est pensé par D comme une altération pathologique du lien qui unit l’individu à la société. A partir de là, Durkheim crée une typologie des suicides.

La première catégorie est celle des suicides qui résultent d’un problème d’intégration à la société : suicide égoïste ou suicide altruiste.
- Le suicide égoïste : le moi individuel l’emporte sur le moi social du fait d’une intégration sociale insuffisante. Quand les groupes auxquels l’individu appartient sont affaiblis alors l’individu alors l’individu pense, raisonne selon ses propres normes et non par rapport à celles du groupe et, en conséquence, du fait d’une individuation démesurée peut pousser l’individu au suicide égoïste.
- Le suicide altruiste : si une individuation trop forte peut conduire au suicide, une individuation insuffisante peut également y conduire. Lorsqu’on ne fait pas suffisant cas de sa propre vie, lorsqu’il y a trop de renoncement de soi au profit du groupe.

Ces deux formes de suicides renvoient à des problèmes d’intégration. Il existe cependant une autre typologie de suicide social liée à des problèmes de régulation sociale.
- Le suicide anomique : lorsque les mécanismes de la régulation sociale sont en panne, lorsqu’il n’y a plus de solidarité. C’est le défaut de règles sociales. « C’est lorsque l’individu souffre du mal de l’infini que l’anomie apporte partout avec elle ».
- Le suicide fataliste : Lorsqu’il ya trop de normes, de règles, de lois et que cela fini par « étouffer » l’individu.

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