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Socialisation

 

Introduction : Qu’est-ce que la socialisation ?

Définition :

Eléments de processus par lesquels les individus apprennent à être des membres d’une société ou d’un groupe plus restreint. Pour les sociologues étudier la socialisation c’est se poser trois types de questions :

-          Sur le contenu (apprendre quoi ?)

-          Sur les mécanismes (apprendre comment)

-          Sur les instances (qui apprend ?)

¤ 2 groupes de théories sociologiques (qui ne sont pas des adversaires radicaux) :

-          La réalité sociologique est construite par l’interactivité des membres de la société (sociologie américaine : Berger et Luckman)

-          Cette réalité sociale dispose d’un caractère extérieur et contraignant : la société et les groupes préexistent à l’individu et s’imposent à lui de l’extérieur (Durkheim)

Différents points de vue, différentes manières d’aborder les faits sociaux. Quelles sont les implications de ces différences dans l’étude de la socialisation ? Pour étudier la socialisation, la théorie de Durkheim semble plus adéquate : « par la socialisation, la société se dote des individus dont elle a besoin ». Mais le point de vue de Berger et Luckman est intéressant : pour eux c’est l’interaction qui amène à la réalité sociale mais au bout d’un moment cette réalité existe et va s’imposer à l’individu. Pour eux la socialisation est basée sur un principe d’intériorisation.

¤ 2 types de socialisation :

-          Primaire

ð  Pendant l’enfance et l’adolescence

ð  Dans la famille

ð  Inculcation des connaissances et attitudes fondamentales

ð  (Berger et Luckman :) première socialisation par laquelle l’individu devient un membre de la société en l’intériorisant

-          Secondaire

ð  A l’âge adulte

ð  Hors de la famille

ð  (B et l :) intériorisation des sous-secteurs de la société

-          3° sorte de socialisation : la resocialisation (cf. Goffman)

Se produit au sein d’une institution totale : prison, asile, camp de concentration, …). Il s’agit de couper brutalement l’individu de son ancien milieu, de son contrôle permanent. à obéissance totale

 

1° partie : La socialisation primaire

I/ Présentation générale

Importance des premières années de la vie : Pourquoi ? Comment ?

A)     Les instances de socialisation primaire

4 instances :

-          Famille

-          Ecole

-          Médias

-          Groupe des pairs

-          (+ crèche, sport, …)

1)      L’instance principale : la famille

La famille initie l’enfant aux savoirs sociaux élémentaires. Elle lui inculque des valeurs qui le marqueront, elle le fait accéder au stade d’être humain (cf. Elias). Dans toutes les sociétés humaines ont observe un certain degré de civilisation, les êtres humains en société exercent un certain contrôle de leurs côtés animaux (de leurs pulsions).

Pour Elias ce degré de civilisation est variable selon les époques. Depuis la renaissance les sociétés occidentales se sont engagées dans un processus d’élévation rapide du niveau de socialisation) = procès de civilisation = civilisation des mœurs

Ce processus est caractérisé par une mise à distance toujours plus grande des nécessités corporelles par un autocontrôle toujours plus grand des pulsions. Petit à petit il remplace le contrôle par l’extérieur.

La socialisation fait parcourir à l’enfant un chemin de plus en plus long dans le même lapse de temps

à loi sociogénétique fondamentale :

L’évolution de l’être reproduit celle de la société autrement dit l’ontogénèse reproduit la sociogenèse (formule adaptée à Haeckel (naturaliste) et à sa phylogénétique fondamentale).

Pour Ariès :

·         Sentiment de l’enfance = les enfants sont une catégorie à part, il faut les socialiser.

·         Les catégories sociales sont apparues au cours de l’histoire et se modifient au cours de l’histoire.

Un sens social est donné à la plupart des différences biologiques.

L’action de la famille est primordiale pour la structuration ultérieure de la personnalité. C’est au sein de la famille que se forme l’habitus (système de dispositions intériorisé pendant la socialisation à partir duquel on va filtrer nos expériences ultérieures). La cohérence interne est fabriquée dans la socialisation familiale.

Comment la famille peut-elle avoir un rôle aussi important ?

Elias et Durkheim pensent que dans les premières années de la vie la personnalité de l’enfant en malléable.

Berger et Luckman pensent que la socialisation est imposée à l’enfant mais qu’étant donné le climat affectif qui l’entoure au sein de sa famille, il est plus réceptif à ces apprentissages.

La famille est composée de plusieurs individus (adultes mais aussi frères et sœurs, …) qui participent tous à la socialisation à hétérogénéité de génération, de socialisation, de genre, … l’enfant est donc soumis à divers influences qui peuvent être contradictoires è hétéro ite

2)      Les autres instances intervenant avant l’entrée à l’école

La famille n’a pas le monopole de la socialisation même avant l’entrée à l’école :

-          Personnes qui gardent les enfants

-          Etat : fixe un certain nombre de règles : obligations, interdictions, … l’Etat encadre d’autres instances de la socialisation primaire.

-          Professionnels de l’enfance : exercent une socialisation sur les parents, ils leur apprennent à être des éducateurs et leur participation est de plus en plus importante socialisation sous contrôle)

-          Entourage des parents

B)      Socialisation primaire et éducation

L’école :

1)      Pourquoi certaines sociétés ont besoin de l’école ?

Selon Durkheim, les sociétés modernes sont fondées sur la solidarité organique (= les individus sont complémentaires) ce qui entraine des problèmes de cohésion sociale et d’attachement à la société (attachement créé par l’éducation). L’éducation dans la famille ne suffit pas pour inculquer les valeurs nécessaires à l’adhésion à la société è rôle de l’école

L’école créé une unité dans la société :

¤ Respect de la raison

¤ Respect de la morale démocratique

¤ Respect de la science

L’école laïque obligatoire est nécessaire pour créer cette adhésion (créée pendant la troisième république, sa mission est de créer des bases communes chez tous les citoyens français au-delà de leurs différences.

Selon Elias il y a un lien entre la généralisation de l’école et le procé de civilisation.

2)      Comment l’école transforme-t-elle les enfants ? Les enfants sont-ils des produits de la socialisation scolaire ?

Depuis l’époque de Durkheim (fin du XIX) le rôle de l’école s’est renforcé :

¤ Augmentation du taux de scolarisation

¤ Augmentation de la durée de scolarisation (on rentre plus jeune et on sort plus vieux)

Elle répond à une demande des familles : c’est un moyen d’assurer la protection sociale et professionnelle de leurs enfants.

La socialisation scolaire présente des caractéristiques particulières qui la distinguent de la socialisation familiale.

Modèle de socialisation scolaire :

¤ Il existe un univers spécialisé pour l’enfant (cf. Elias)

¤ Importance des règles

¤ Organisation rationnelle du temps

¤ Multitude d’exercices qui ont chacun leur raison d’être

Ce modèle scolaire s’est diffusé en dehors de l’école dans la famille, les activités périscolaires, la pédagogie sportive, la télévision, …

3)      Relations entre l’école et les autres institutions de socialisation

 

 

Le fait de marcher est le fruit d’une socialisation. Une fois acquises ces techniques du corps ne disparaissent que très difficilement. Beaucoup d’apprentissages passent par le corps sans passer par la conscience.

Bourdieu : « on apprend par corps » = accéder à un certain nombre de normes par des apprentissages corporels

 

C)      G.H. Mead : les mécanismes de la socialisation primaire

Mead s’intéresse à la manière dont se forge la personnalité de l’enfant. L’enfant découvre qui il est en découvrant la société. « En apprenant le rôle de l’autre » l’enfant apprend à jouer les rôles qui sont/seront les siens car ils apprennent ainsi à se regarder de l’extérieur.

Les « autruis significatifs » sont des individus que l’on identifie et à la place des quels on peut se mettre. L’identité propre de l’enfant va se former en fonction des attentes des « autruis significatifs » à son égard. L’identité que l’enfant s’approprie correspond à une place dans le monde. Cette place est largement dépendante de la place de ses parents.

L’attachement affectif qui lie l’enfant à ces autruis significatifs est très important, il facilite la socialisation. Les autruis significatifs vont petit à petit se confondre dans un « autrui généralisé » dont les représentations du monde vont s’imposer à l’enfant. Un processus d’abstraction est nécessaire pour que l’identité ait un caractère permanent : ceci n’est pas contradictoire avec le fait que l’intériorisation de la socialisation primaire ait besoin d’un climat affectif.

 

II/ La socialisation différentielle de sexe

A)     La socialisation différentielle de sexe dans la famille

La socialisation varie en fonction du sexe et renforce les différences biologiques. Elle crée également une socialisation différentielle de sexe.

L’école et la famille n’ont pas les mêmes attentes en fonction du sexe de l’enfant.

Changements depuis les années 60 :

¤ Les mères travaillent plus

¤ Les familles adhèrent généralement au principe d’égalité des sexes (mais il y a un écart entre les discours et les pratiques)

La socialisation se compose d’une part manifeste mais aussi d’une socialisation latente. Cette part latente a un poids aussi important que la part manifeste dans l’éducation de l’enfant. Il faut faire très attention à cette dimension latente.

Depuis les années 70, on a assisté dans certains domaines à un renforcement de cette socialisation différentielle de sexe. Elle a pris de nouvelles formes :

¤ Le rôle des médias et des produits de consommation dans la socialisation différentielle de sexe :

Il existe une différenciation des produits de consommation selon le genre. Cette différenciation commence dès le plus jeune âge (layette) et se poursuit tout au long de l’existence. Cette différenciation accentue l’action des parents.

Allongement du temps moyen d’exposition aux médias, diffusion de plus en plus large.

La culture médiatique se pose de plus en plus en concurrent de la culture véhiculée par l’école.

Les stéréotypes sexués sont plus présents dans les médias qu’à l’école qui affiche une certaine indifférence envers les différences de genre. L’école se veut porteuse de certaines valeurs : égalité, primauté de la réflexion, du fond, …

B)      La socialisation différentielle de sexe à l’école

La coprésence des filles et des garçons n’implique pas obligatoirement une égalité dans leur traitement. Plusieurs raisons expliquent cela :

¤ Les élèves arrivent avec des dispositions qu’ils se sont forgées à l’extérieur

¤ La coprésence renforce les normes de comportements associés à chacun des deux sexes. Les professeurs sont exposés aux médias, ont été socialisés et vont donc faire la même différence entre les gars et les filles que les parents.

C)      Les changements dans les années 1970

D)     La domination masculine

Pour G. Belloti l’éducation des filles se résume à une entreprise de répression. C’est un refus de satisfaction, on refuse aux filles un développement de potentialités qui sont naturelles et partagées par les filles et les garçons mais qu’on laisse s’exprimer chez les garçons et qu’on réprime chez les filles (besoin de jouer, de s’affirmer, de mouvement ; esprit de compétition). Cette éducation va créer chez les filles des dispositions qui sont principalement négatives. Belloti interprète certains jeux de filles non pas comme des jeux mais comme des TOC. Le but de cette éducation est que les femmes acceptent le rôle qui leur est attribué dans la société. La société crée les filles dont elle a besoin.

Les femmes sont deux fois perdantes :

¤ Les dispositions créées chez elles font qu’elles sont incapables d’affronter les hommes sur leur propre terrain. Elles sont durablement écartées du pouvoir.

¤ Les femmes qui restent à leur place sont aussi critiquées.

Ni la révolte ni l’obéissance ne sont gratifiants.

Blâme de la victime : on reproche à un groupe de présenter des caractéristiques qui sont justement créées par l’injustice faite au groupe.

Belloti lutte contre l’idée que les dispositions de genre sont naturelles. Son travail consiste à montrer comment ces dispositions sont créées par l’éducation. D’un côté elle affirme que les dispositions des filles sont socialement créées mais d’un autre côté elle affirme qu’elles sont créées en bridant une nature humaine qui serait universelle.

La violence symbolique fait accepter aux femmes la domination masculine.

= faire accepter une dominance aux dominés en la justifiant par son origine naturelle.

III/ La socialisation différentielle de classe : la notion d’habitus

A)     La formation des habitus de classe

B)      L’homme pluriel

C)      Les différences de géné

 

 

 

 

POUR LA SUITE DU COURS J'AI PRIS TRES PEU DE NOTES MAIS JE VOUS CONSEIL DE LIRE LE LIVRE DE MURIEL DARMON : LA SOCIALISATION. VOUS Y TROUVEREZ L'INTEGRALITE DU COURS !

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