I-Lointains penseurs de la société

I – Les lointains penseurs de la société

Même si les lointains penseurs de l’époque réfléchissent aux problèmes de la société ils ne faisaient pas de sociologie dans le sens où on l’entend aujourd’hui. On peut parler de pensée pré-sociologique.

On n’étudiait pas la société pour connaître les origines des problèmes sociaux mais surtout pour améliorer la vie sociale. Ne pas expliquer ce qui est (démarche constative) mais préconiser ce qui devrait être (production d’action).

On peut distinguer deux grandes traditions philosophiques :

-          La tradition spéculative :

·         Rationaliste (Platon)

·         Théologique (St Augustin, St Thomas d’Acquin)

Part d’idées, de raisonnements abstraits pour expliquer les faits.

-          La tradition positive (Aristote, Machiavel, Comte, Montesquieu)

Part des faits pour expliquer des lois.

1)      Spéculatif

a)      Rationaliste

Platon peut être vu comme un précursur car il a beaucoup inspiré la pensée occidentale. En particulier avec la réflexion menée dans La République. On retient la conception qu’il se fait de la structure de classe de la société ainsi que l’esprit d’utopie qui caractérise sa conception du social et du politique.

·         Dualisme des classes sociales

Forme primitive de luttes des classes : ceux qui possèdent (aristocratie de la pensée) contre ceux qui ne possèdent (peuple, polys)

Dans toute société ces deux classes sont souvent en conflit. En outre cette opposition est également très présente dans l’ancien testament. Cette question du dualisme servira pendant longtemps à expliquer l’ordre social (quelles que soient ses raisons).

·         Utopie

Platon essaie de construire une cité parfaite (hors du temps et de l’espace) à partir de ses réflexions sur la société réelle. Il démontre que chez l’être humain il ya trois sortes de motivations : le désir des objets matériels, la logique de l’affectivité (du cœur), la logique de la raison (de la rationalité). Cette dernière permet de mettre de l’ordre dans la conduite de l’homme.

Pour Platon l’idéal serait d’équilibrer ces trois motivations. Pour cela il faut inciter les individus à développer des vertus : la tempérance, le courage (l’endurance), et la sagesse (la réflexion).

Il faut instaurer des castes afin que la société fonctionne harmonieusement :

_ laboureur, paysan à désir des objets matériels

_ guerrier à protection, conquête, régularisation des échanges

_ sage, intellos à gouverner

Pour lui les philosophes doivent gouverner et, s’ils ne le sont pas, les gouverneurs doivent devenir philosophes. Le peuple n’est pas doté de la raison.

L’équilibre de l’âme humaine doit se refléter dans l’organisation de la société. C’est une idée logique mais pas sociologique.

b)      Théologique

(Pensée occidentale, judéo-chrétienne : réflexion ethnocentrique)

S’inspire moins de la raison que du théos, du religieux, de la transcendance.

De la chute de l’empire romain jusqu’à la révolution française c’est la dimension morale qui prime.

St Thomas d’Acquin, St Augustin, Bossuet (Ce qu’est la société est ce que dieu a voulu. Pour comprendre la société il faut étudier les saintes écritures. On ne peut accéder aux sciences de la société que par la croyance.)

La religion judéo-chrétienne est histoire, elle s’inscrit dans l’histoire et professe une intervention divine continue. C’est une théorie du temps dans laquelle l’histoire ne fait que suivre la volonté de Dieu. C’est impénétrable par la raison.

On parle d’une conception linéaire du temps, il a un sens, une raison et un but.

Bossuet, discours sur l’histoire universelle : « l’univers tout entier est régit par la volonté divine »

Selon les époques et les pays on a le régime qui convient et chaque nation a le régime qu’elle mérite : déterminisme divin

Bossuet essaie de faire cohabiter raison et croyance, pour lui l’histoire est rationnelle et le hasard sert à cacher l’ignorance humaine. Les hommes disposent d’une certaine liberté. Pas pour se rebeller mais, au contraire, pour accepter librement la volonté de Dieu. La raison ne sert pas à se rebeller mais à obéir de façon volontaire.

Pour Bossuet l’ordre établi, puisque conférer par Dieu, est légitime. Il faut le respecter et se résigner à la place qui nous a été attribuée.

2)      Positive

Aristote a inspiré les Lumières. Elève de Platon il s’en éloignera par la suite. Il est sensible au pluralisme. Pour lui il existe plusieurs sociétés : héritage de Platon.

Retour au réel : contrairement à Platon, il n’oppose pas le monde intelligible et le monde sensible. Pour lui il faut expliquer le monde sensible afin de le rendre intelligible. Il faut chercher à comprendre l’essence des choses et des autres.

Ce qui caractérise les êtres humains c’est qu’ils sont capables d’actions rationnelles et raisonnables. L’homme est un animal doué de raison. Pour Aristote ce qui a été donné à l’homme c’est la voix (et non le cri) et surtout la parole qui sert à exprimer ce qui est utile ou ce qui est nuisible, ce qui est juste ou pas, ce qui est bien et ce qui est mal, … à exprimer des dimensions morales. Ce qui fait l’essence de l’humain c’est qu’il est capable de vivre en compagnie de ces semblables. C’est un animal social, civique voire politique. Pour Aristote la polis, l’organisation de la cité découle de cette nature. La société serait antérieure à l’individu. Elle est nécessaire à chacun des individus pour qu’ils vivent ensemble.

La société est composé de communautés dans lesquelles on trouve des familles, des individus, ... qui constituent des tous antérieurs aux parties.

Aristote ne croit pas à une cité harmonieuse, parfaite (contrairement à Platon). Il parle plutôt d’équilibre, de modération. Ce qui est bon, vertueux c’est que les choses, la politique soit conforme à la nature. Il n’y a pas qu’une seule forme d’organisation politique et sociale possible. Toutes sortes de facteurs (climatiques, traditionnels, générationnels, …) conditionnent les systèmes politiques en incluant des normes et des valeurs différentes. Les systèmes d’organisations politiques sont adaptés aux contextes de vie sociale. Aristote constate cette diversité et essaie d’expliquer à quoi elle est due. Même la tyrannie a des raisons d’être.

« Les choses elles-mêmes m’ont instruit et ne m’ont pas appris à mentir ». Il faut s’instruire des faits tels qu’ils sont et non tels qu’ils devraient être. Il a la volonté d’être à la fois empirique et comparatiste. Aristote induit ces conclusions par les faits alors qu’Aristote déduit plus par les raisonnements que par les faits.

 

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