St Simon

C’est avec St Simon qu’on commence à sentir les premières intentions sociologiques. Avec Comte il inspirera Marx.

Claude Henri Rouvroy Compte de St Simon (1760 / 1825)

Il est issu de l’aristocratie ancienne. Il prend ses distances avec sa famille et est emprisonné à 13 ans pour avoir refusé sa communion. Il fréquente le milieu encyclopédiste, s’engage dans l’armée à 17 ans pour participer à la guerre d’indépendance américaine auprès de Lafayette, …

En 1789 il s’engage dans la révolution française et change de nom pour se faire appeler monsieur Bonhomme. Il en profite pour se lancer dans les affaires, achète des couvents et les transforme en usines ce qui lui vaudra une enquête et une condamnation à mort. Il est sauvé par la chute de Robespierre.

Il se lance de nouveau dans les affaires et les études et se concentre sur le travail intellectuel. Il prend Comte comme élève. Celui-ci s’en va en 1824 et St Simon meurt en 1825.

Bibliographie :

Essai sur l’organisation sociale

Histoire de l’homme

Mémoires sur la science de l’homme

L’industrie

Du système industriel

Catéchisme des industries

Le nouveau christianisme

Il y a deux périodes dans la production scientifique de St Simon :

-          La phase théorique

Il réfléchit sur les mutations intellectuelles et sur les effets de la révolution industrielle sur ces mutations

-          La phase sociologique et sociologiste

Il restreint ses travaux à l’examen des problèmes théoriques et/ou pratiques posés par l’avènement industriel

L’apport fondamental de St Simon est d’avoir, sinon créé, au moins impulser une science de l’homme en prenant exemple sur les sciences existant déjà à l’époque et notamment la physiologie. Il va fonder la physiologie sociale.

Il veut étudier l’anatomie de la société pour pouvoir, par la suite, soigner la société. Il fait des analogies entre l’organisation du monde social et l’anatomie. Pour cela il emprunte des références à la physiologie. Ce concept se retrouvera sur tout le XIX.

La société constitue un véritable corps social. Chaque élément en est partie intégrante et rempli des fonctions normalement essentielles à cet ensemble et relatives à cet élément. Chaque élément ou chaque composante du monde social et en particulier chaque institution doit être observée comme un organe remplissant des fonctions distinctes et relativement constantes. Il faut rechercher quelles fonctions rempli une classe sociale et à quel besoin collectif elle répond. C’est qu’on appelle l’organicisme fonctionnaliste.

Le cours naturel des choses à fait naitre les institutions nécessaires à chaque âge du corps social.

Il ne s’agit plus de rechercher la meilleure institution possible  mais celle qui convient le mieux aux dispositions particulières d’une société à un moment donné de son développement.

St Simon veut répondre à une double exigence :

-          Fonder une science de la société qui s’inspire des méthodes employées par l’ensemble des penseurs qui ont rompu avec la métaphysique pour s’en tenir exclusivement à l’observation et à l’analyse des faits.

La vérité de l’homme n’est pas à rechercher dans l’homme mais dans la société.

Vision holiste

-          Définir une science thérapeutique sociale : cette nouvelle science doit pouvoir répondre aux maux de la société

Non seulement St Simon fait l’analogie entre la société et le corps humain mais il se propose de surcroit de trouver les remèdes aux maux sociaux et de guérir la société de ses dysfonctionnement.

Pour St Simon ce système évolue dans le temps et donc sa théorie est évolutionniste.

Pour St Simon, depuis le moyen-âge, l’histoire de l’Europe répond à un schéma évolutif constitué de trois phases :

-          Le système féodal dont l’effondrement (en France) correspondrait à la révolution de 1789.

-          Phase de désorganisation (ou transition) qui oppose les différentes classes sociales pour remettre en cause l’ancien ordre.

-          Phase industrielle dont il se fait l’annonciateur. Cette évolution se solde par une ère de la raison, de la rationalisation notamment des modes de production.

Grâce à cette observation de l’évolution historique des sociétés il considère le passage d’une phase à l’autre comme essentiellement issu de l’affrontement de deux classes sociales. On trouve chez St Simon tout une théorie (embryonnaire) de la lutte des classes mais aussi de la notion de classe social.

Selon St Simon le passage d’une société féodale à une société industrielle se fait dans et par la violence. Pour lui les conflits sociaux ne sont pas anarchiques mais obéissent à des lois générales qui poussent l’humanité à évolué dans le sens d’un accroissement de ses capacités à intervenir sur la nature et sur la société elle-même. Cette évolution est caractérisée par un développement des capacités matérielles de la société.

On attribue souvent à Marx par ignorance de ses œuvres, la propriété des classes sociales, mais l’invention de la théorie des classes sociales et de la lutte des classes, est d’avantage inspirée de Saint Simon.

St Simon est considéré comme un socialiste utopique. Il pensait que cet antagonisme de classe allait prendre fin avec l’avènement du système industriel qui allait se solder, selon lui, par la prédominance de la production. Tout comme Comte, St Simon intègre l’histoire dans sa théorie du monde social. Sa conception de la science sociale ne se fait pas dans un contexte diachronique.

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